Sophie, 34 ans, a commencé à tenir un journal de voyage après un road-trip en Andalousie. Elle a d’abord hésité à publier ses photos et ses anecdotes, craignant les regards et les commentaires, puis elle a découvert la puissance d’oser partager des expériences de voyage pour inspirer d’autres femmes rondes. Ce guide propose des clés concrètes pour raconter ses voyages avec authenticité, sécurité et impact, tout en tenant compte des besoins spécifiques des voyageuses rondes.
Pourquoi partager des expériences de voyage est important ?
Partager des expériences de voyage va bien au-delà d’afficher de belles photos sur les réseaux sociaux. Pour les femmes rondes, le partage permet de normaliser la présence de corps divers dans l’espace public, de déconstruire des stéréotypes et d’offrir des ressources pratiques à celles qui hésitent encore à partir. Raconter un trajet, une galère de valise ou une trouvaille de fringues grande taille crée une cartographie émotionnelle et matérielle utile aux autres.
Quand Aïcha poste une photo d’elle en maillot dans une crique de Corse et ajoute un texte sur la difficulté de trouver un modèle qui lui va, elle ne parle pas seulement de maillots : elle ouvre une conversation sur la confiance, sur l’accès aux produits et sur la beauté sans condition. Ce type de partage construit une communauté et donne des repères concrets.
Avant de partir : préparer son récit et ses outils
Définir son objectif
Avant toute chose, il est utile de se demander pourquoi on souhaite partager des expériences de voyage. Cherche-t-on à inspirer, à informer, à vendre un service, à garder un souvenir ? Claire veut simplement aider d’autres femmes rondes à trouver des tenues confortables pour les longs trajets ; Marina préfère documenter ses rencontres culinaires autour du monde. L’objectif choisit le ton, la plateforme et la fréquence de publication.
Choisir ses outils
Un téléphone avec un bon appareil photo suffit souvent, mais quelques outils simples améliorent la qualité du contenu et la tranquillité d’esprit pendant le voyage. Une petite stabilisation (gimbal) facilite les vidéos, un microphone cravate améliore les podcasts ou les reels parlés, et un carnet de voyage permet de noter les impressions et détails pratiques qui s’effacent vite. Pour préserver le temps et l’énergie, organiser des dossiers photos et un modèle de publication avant le départ aide à publier sans stress.
Établir des limites personnelles
Partager ne veut pas dire tout montrer. Il est sain de fixer des frontières : quelles photos sont privées ? Quels moments intimes ne seront pas publiés ? Quelle réaction la voyageuse est-elle prête à affronter ? Définir ces règles permet de rester maître du récit et d’éviter l’épuisement émotionnel lié aux retours parfois toxiques.

Pendant le voyage : capturer des histoires qui résonnent
Choisir des images qui racontent une histoire
Une photo bien choisie raconte plus qu’un paysage : elle montre comment la voyageuse interagit avec cet espace. Au lieu de systématiquement centrer son visage, elle peut capturer des détails — la texture d’une robe grande taille qui ondule sous le vent, ses mains tenant un café local, la fermeture éclair d’une valise pratique pour les courbes. Ces plans rapprochés rendent le récit plus intime et utile.
Parler des réalités pratiques
Les voyageuses rondes cherchent des informations concrètes. Mentionner le confort des sièges de train régionaux en Espagne, la taille des sièges d’un vol low-cost, la politique de l’hôtel sur les lits supplémentaires, ou la présence d’essai de maillots dans une boutique locale transforme un joli post en guide précieux. Quand Élise explique qu’elle a réservé une chambre avec un lit king-size à Lisbonne pour éviter les inconforts, elle donne une solution directement applicable.
Raconter les émotions et les micro-victoires
Les récits qui touchent le plus mêlent détail pratique et émotion. Une anecdote sur le moment où, pour la première fois, la voyageuse se baigne sans se cacher, ou quand elle monte en haut d’une colline malgré ses craintes, inspire plus que la simple énumération d’activités touristiques. Ces micro-victoires renforcent la confiance collective.
Utiliser des formats variés
Les stories éphémères, les reels dynamiques, les billets de blog approfondis et les podcasts intimes n’ont pas le même usage. Les courts formats fonctionnent bien pour capturer l’instant et attirer l’attention. Les articles longs permettent d’expliquer les astuces de packing ou de dresser une liste d’adresses inclusives. Choisir le format selon le message permet de partager des expériences de voyage de manière plus riche.
Rédiger pour toucher : techniques de storytelling
Raconter une scène plutôt que décrire un programme
Les meilleurs récits immergent le lecteur. Au lieu d’écrire « visite du marché », décrire la scène : l’appel du vendeur de mangues, la couleur des tissus, le son d’une langue étrangère et la façon dont la robe de la voyageuse attrape la lumière. Cette technique transporte davantage et rend le récit mémorable.
Donner des détails pratiques en filigrane
Insérer des informations utiles sans alourdir le texte est un art. Par exemple, raconter la mésaventure d’un essayage raté et glisser la marque du magasin, la fourchette de tailles disponible et la possibilité de commander en ligne à la fin du paragraphe offre au lecteur une valeur immédiate.
Équilibrer vulnérabilité et empowerment
La sincérité attire. Partager une peur, une fatigue ou une difficulté crée de la connivence. Mais il est aussi important d’inclure des enseignements ou des conseils qui montrent la capacité à surmonter ces obstacles. Ainsi, un récit où Marion évoque une expérience de fatphobie dans un parc est plus puissant si elle explique aussi comment elle a géré la situation, quels réflexes elle a adoptés et où elle a trouvé du soutien.

Plateformes et formats : où et comment partager
Blog personnel
Un blog offre liberté et contrôle total sur le récit. Il permet des articles longs, des galeries d’images et des guides pratiques. Pour celles qui veulent établir une ressource durable, un blog bien organisé est un investissement. Il est conseillé d’avoir une page « conseils pratiques » avec des catégories comme « maillots grande taille », « vols et confort », ou « hébergements inclusifs » pour faciliter la recherche par les lectrices.
Réseaux sociaux
Instagram et TikTok excellent pour toucher rapidement un large public avec du visuel. LinkedIn peut servir pour des prises de parole plus professionnelles, et Facebook pour entretenir une communauté plus intime. YouTube est idéal pour les vlogs détaillés. Chaque plateforme demande un style et une fréquence particuliers, mais la cohérence reste la clé : un ton identifiable et des thèmes réguliers fidélisent l’audience.
Podcast et audio
Le format audio permet d’explorer des conversations plus longues : interviews avec des responsables d’hôtels inclusifs, témoignages, ou récits de voyages. Un podcast consacré aux voyages pour personnes rondes peut créer des liens profonds et offrir des ressources faciles à consommer en déplacement.
Monétiser ses récits sans perdre son authenticité
Collaborer avec des marques alignées
Les collaborations peuvent aider à financer les voyages ou à offrir des produits utiles à la communauté. L’essentiel est de choisir des partenaires cohérents : marques de vêtements grande taille, agences de voyage inclusives ou hôtels sensibles à l’accessibilité. La transparence reste cruciale : annoncer les partenariats et expliquer pourquoi ils ont du sens pour la communauté maintient la confiance.
Proposer des services
Transformer son expérience en service est une autre voie. Certaines voyageuses créent des e-books pratiques, des itinéraires sur mesure ou des ateliers en ligne sur le packing pour les courbes. D’autres organisent des voyages de groupe sûrs et inclusifs, avec des itinéraires pensés pour le confort et la confiance des participantes.
Aspects pratiques du voyage pour les femmes rondes
Réserver des transports et hébergements adaptés
Examiner les dimensions des sièges, la politique de l’hôtel sur les lits et fauteuils, et la possibilité d’acheter un siège supplémentaire aide à éviter les mauvaises surprises. Contacter directement la compagnie aérienne ou l’hôtel avant la réservation permet souvent d’obtenir des informations précises. Si le service client n’est pas clair, la voyageuse a tout intérêt à poser des questions écrites pour garder une trace.
Choisir des vêtements adaptés au voyage
Privilégier des matières extensibles et respirantes facilite les longues journées de visite. Un pantalon taille élastique ou une robe portefeuille sont souvent de bons choix, car ils allient confort et élégance. Pour les activités aquatiques, rechercher des maillots grande taille avec bon maintien et bretelles larges évite l’inconfort. Emporter une veste légère et un foulard permet de moduler la tenue selon la météo et le confort personnel.
Gérer la fatigue et le bien-être
Planifier des journées avec des moments de repos, faire des pauses pour marcher ou s’étirer durant les trajets et veiller à l’hydratation et à l’alimentation évite les chutes d’énergie. Écouter son corps plutôt que le guide touristique est un choix qui rend le voyage durable et agréable.

Créer une communauté et soutenir les autres
Répondre et encourager
Interagir avec celles qui commentent, répondre aux questions et partager des ressources renforce la communauté. Organiser des rencontres locales après un voyage ou un live Instagram pour échanger en direct crée un sentiment d’appartenance. La solidarité entre voyageuses rondes transforme chaque récit en point d’appui pour d’autres projets.
Amplifier des voix diverses
Il est important de promouvoir d’autres créatrices et voyageurs ronds, qu’il s’agisse d’une photographe comme Nadège qui documente les voyages en solo, d’un blogueur culinaire comme Karim qui explore la gastronomie inclusive, ou d’une guide locale qui favorise l’accessibilité. L’entraide multiplie la visibilité et enrichit la palette d’expériences disponibles.
Faire face aux réactions négatives et préserver sa santé mentale
Préparer des réponses et désamorcer
Les commentaires malveillants peuvent survenir. Disposer de quelques réponses types, savoir quand bannir ou masquer un commentaire et utiliser les outils de modération préservent l’espace de création. Certaines voyageuses demandent à une proche de modérer leurs comptes pour alléger la charge émotionnelle.
Déconnecter quand c’est nécessaire
La connexion permanente peut épuiser. La décision de prendre des pauses, d’annoncer des « jours off » ou de limiter les notifications protège du burn-out. Le voyage doit rester une source d’enrichissement personnel avant d’être un contenu.
Aspects légaux et éthiques du partage
Respecter les personnes et les lieux
Obtenir le consentement avant de photographier des personnes, éviter de partager des lieux sensibles sans contexte et respecter les règles locales est une responsabilité morale. La voyageuse qui photographie une fête communautaire devrait toujours demander la permission et expliquer la finalité de ses images.
Gérer la propriété intellectuelle
Si une photo est prise par un tiers, mentionner l’auteur/la photographe et demander l’autorisation avant publication est essentiel. Pour les collaborations, formaliser les conditions par écrit protège toutes les parties et clarifie l’utilisation des contenus.

Petit rappel pratique : checklist mentale avant de publier
Se demander si le contenu est fidèle à son intention, si les informations pratiques sont vérifiables et si la publication respecte la dignité des personnes photographiées aide à publier sereinement. Vérifier l’orthographe, la clarté et l’accessibilité des légendes (penser aux descriptions pour malvoyantes) améliore la portée et l’impact des récits.
Partager des expériences de voyage est un acte puissant pour les femmes rondes : c’est une manière de se réapproprier l’espace public, d’offrir des ressources concrètes et d’inspirer d’autres voyageuses. Qu’il s’agisse d’un post Instagram sur un maillot grande taille, d’un long article détaillé sur un hébergement inclusif ou d’un podcast où l’on raconte une rencontre marquante, chaque récit compte. En définissant ses limites, en choisissant les bons outils, en racontant avec authenticité et en prenant soin de sa santé mentale, la voyageuse ronde transforme ses voyages en leviers d’empowerment collectif.
Beauteronde, blog dédié à l’estime de soi et à la confiance en soi, propose d’ailleurs des articles et conseils complémentaires pour celles qui veulent approfondir la question de la mode et du bien-être en voyage.
Images par IA









