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La grossophobie pendant la grossesse est un sujet qui me touche profondément. Je ne peux plus faire semblant de ne pas voir ce qui se joue derrière certaines paroles, derrière certains comportements que l’on banalise trop facilement. Quand une femme porte un enfant, son corps change. C’est naturel. C’est ancien comme le monde. Et pourtant, encore aujourd’hui, certains hommes se permettent de contrôler, surveiller, culpabiliser, voire humilier la femme qui porte leur futur enfant.

Je parle ici de ces hommes qui comptent les kilos, qui commentent chaque bouchée, qui transforment l’alimentation en terrain de domination. Je parle de cette violence discrète, mais constante, qui laisse des traces bien plus profondes qu’on ne l’imagine.

Une vidéo de la créatrice Ranelle sur TikTok a récemment mis des mots très clairs sur ce phénomène. Un échange glaçant avec un homme persuadé d’avoir bien agi en restreignant l’alimentation de sa compagne enceinte. Selon lui, il fallait contrôler. Décider. Limiter. Il revendique même d’avoir empêché sa femme de manger ce qu’elle désirait, sous prétexte de protéger le bébé. Et pire encore, il se félicite d’avoir été remercié pour cette contrainte.

Quand j’ai entendu ça, j’ai eu la gorge serrée. Parce que ce discours est exactement celui de la grossophobie déguisée en prétendue bienveillance.

La grossesse n’est pas un terrain de contrôle

Je veux le dire clairement. Le corps d’une femme enceinte lui appartient. Point final. Ce n’est pas un terrain de négociation. Ce n’est pas une propriété partagée. Ce n’est pas un objet de gestion.

Pendant une grossesse, le corps travaille sans relâche. Il crée un être humain. Il modifie les hormones. Il augmente les besoins énergétiques. Il transforme la relation à la faim, au sommeil, aux émotions. Prendre du poids est normal. Avoir des envies alimentaires est courant. Ce n’est ni un caprice ni une faiblesse.

Quand un homme décide de ce que sa compagne doit manger, il ne protège pas. Il contrôle. Il impose. Il réduit l’autonomie d’une femme dans un moment où elle devrait être soutenue, rassurée, entourée.

Ce contrôle crée une pression permanente. Chaque repas devient une épreuve. Chaque envie devient une faute. La femme n’écoute plus son corps, mais la peur du jugement. C’est ainsi que la relation à l’alimentation se dégrade. Et parfois pour longtemps.

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La culpabilisation alimentaire est une violence psychologique

Dans la vidéo de Ranelle, l’homme répète que sa compagne mange trop de sucre, qu’elle doit se restreindre, qu’il est légitime d’imposer des limites. Il confond conseil et domination.

La culpabilisation alimentaire est une forme de violence psychologique. Elle attaque l’estime de soi. Elle installe la honte. Elle crée un sentiment d’infériorité.

Je le dis avec mes tripes. Une femme enceinte n’a pas besoin d’un contrôleur. Elle a besoin d’un partenaire. Quelqu’un qui écoute. Qui accompagne. Qui rassure. Qui fait confiance.

Quand on surveille une femme enceinte comme une enfant, on nie sa capacité à prendre soin d’elle et de son bébé. On la dépossède de son intelligence corporelle. On installe une hiérarchie malsaine dans le couple.

La grossophobie déguisée en préoccupation pour la santé

Ce type de discours s’appuie souvent sur un argument fallacieux. La santé du bébé. En réalité, la grossophobie se cache derrière une fausse morale sanitaire.

La prise de poids pendant la grossesse est suivie par les professionnels de santé. Les sages-femmes, les médecins, les équipes hospitalières sont là pour accompagner, pas pour culpabiliser.

Quand un homme se substitue à ces professionnels, il sort de son rôle. Il projette ses propres peurs du poids, de l’apparence, du regard social. Il transforme la grossesse en un projet esthétique.

Dans la vidéo, l’homme va jusqu’à dire qu’il ne voudrait pas d’une femme qui prendrait trop de poids. Comme si la valeur d’une mère se mesurait à sa silhouette après l’accouchement. Ce genre de phrase est d’une violence extrême.

Je refuse cette logique. Le corps post-grossesse n’a pas à correspondre à une norme. Il raconte une histoire. Il porte une trace de vie. C’est une richesse, pas une faute.

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Quand le respect disparaît, la relation devient toxique

Ce qui me frappe le plus, ce n’est pas seulement le discours. C’est la manière de parler. Le ton. La condescendance. La justification permanente de la domination.

Une relation saine repose sur le respect, la confiance et la communication. Pas sur la peur. Pas sur la menace. Pas sur le chantage affectif.

Quand un homme estime avoir le droit de décider ce que mange sa compagne, il ouvre la porte à d’autres formes de contrôle. Le corps. Les sorties. Les vêtements. Les choix personnels.

La toxicité commence souvent par de petites phrases. Puis elle s’installe. Lentement. Silencieusement.

Je crois profondément que protéger une femme enceinte, ce n’est pas la restreindre. C’est la soutenir. Lui rappeler qu’elle est capable. Lui offrir de la sécurité émotionnelle.

Le corps d’une femme change et c’est une force

La grossesse transforme le corps. La maternité transforme le corps. Le temps transforme le corps. C’est la vie.

Accepter ces transformations, c’est honorer ce que le corps accomplit. C’est reconnaître sa puissance. Sa résilience. Sa beauté réelle.

Exiger qu’une femme reste identique avant et après une grossesse, c’est nier la réalité biologique. C’est refuser le cycle naturel du vivant.

Je veux que les femmes sachent qu’elles n’ont rien à se reprocher. Ni leurs kilos. Ni leurs envies. Ni leurs changements. Le problème n’est pas leur corps. Le problème est le regard qui cherche à le contrôler.

Pourquoi je parle avec mes émotions ?

Si j’utilise le je, c’est parce que ce sujet me traverse. Parce que j’ai vu trop de femmes douter, s’excuser, se faire petites. Parce que je sais à quel point les mots peuvent blesser durablement.

La grossesse devrait être un moment de construction, pas de surveillance. Un moment de transmission, pas de domination.

Je crois qu’on peut faire évoluer les mentalités. En nommant les violences. En refusant les excuses culturelles. En rappelant que l’amour n’est jamais un outil de contrôle.

Et peut-être qu’un jour, on regardera ces discours comme on regarde aujourd’hui certaines pratiques d’un autre âge. Avec étonnement. Et un soupçon de honte collective.

Parce qu’au fond, respecter une femme enceinte, c’est aussi respecter l’enfant qu’elle porte.

Images par IA

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