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La grossophobie médicale pendant la grossesse reste une réalité encore trop peu reconnue. Pour de nombreuses femmes rondes enceintes, le suivi médical peut être jalonné de remarques déplacées, de jugements et parfois de gestes douloureux. L’échographie, moment attendu et chargé d’émotion, devient alors une source d’angoisse plutôt qu’un instant de joie. Cette discrimination médicale, souvent banalisée, a pourtant des conséquences bien réelles sur le vécu des patientes et sur leur relation au système de santé.

Un témoignage qui met en lumière la grossophobie médicale

Une vidéo diffusée sur TikTok par Célia, du compte celia_is_enough, a récemment suscité une forte mobilisation. Elle y raconte un rendez-vous d’échographie particulièrement éprouvant. Dès son arrivée, l’accueil est marqué par des remarques humiliantes. On lui reproche de ne pas avoir signalé son poids lors de la prise de rendez-vous, comme si sa morphologie constituait une anomalie à anticiper.

L’échographiste lui affirme qu’il ne prend habituellement pas de femmes grosses et annonce qu’il sera impossible de voir correctement le bébé. Les propos deviennent culpabilisants, laissant entendre que son poids mettrait la grossesse en danger. La consultation est également douloureuse. La sonde est appuyée de manière excessive sur le ventre, malgré les protestations de la patiente. Le compte rendu médical mentionne ensuite explicitement que l’examen est compliqué à cause de son poids. Si sa fille naîtra en parfaite santé, cette expérience laissera une empreinte émotionnelle durable.

Ce témoignage illustre une forme de grossophobie médicale encore trop répandue, où la patiente est réduite à son apparence corporelle avant même d’être considérée comme une personne à accompagner.

@celia_is_enough #cejour-là… Ce jour là en vérité c'était y a 10 ans, je me suis faites humiliée, elle n'a pas hésité à me porter la main dessus. #echographie #maman #echo #grossesse ♬ son original – Célia

Quand l’échographie devient une épreuve pour les femmes rondes enceintes.

L’échographie de grossesse est un examen central du suivi médical. Elle permet de surveiller le développement du bébé, de rassurer les futurs parents et de détecter d’éventuelles anomalies. Pourtant, pour certaines femmes rondes enceintes, ce rendez-vous se transforme en moment de tension et de vulnérabilité.

Dans certains cabinets, le discours médical se focalise exclusivement sur le poids, au détriment des autres paramètres de santé. Les difficultés techniques sont parfois imputées directement à la patiente, sans nuance ni pédagogie. Cette approche entretient une culpabilisation permanente et un sentiment d’illégitimité.

Mon expérience personnelle en est une illustration frappante. Lors d’une échographie, un médecin n’arrivait pas à obtenir des images satisfaisantes. Plutôt que d’adapter sa technique, il s’est agacé et a affirmé qu’il serait impossible de bien voir le bébé à cause de mon poids. Les gestes sont devenus douloureux, avec une pression excessive exercée sur mon ventre, même après avoir signalé la douleur. La réponse donnée, évoquant une douleur au poignet du praticien, a renforcé ce sentiment d’injustice et de banalisation de ma souffrance.

Grossophobie médicale et conséquences psychologiques

La grossophobie médicale pendant la grossesse ne se limite pas à un inconfort ponctuel. Elle peut générer des conséquences psychologiques durables. La peur d’être jugée, la perte de confiance envers les professionnels de santé et le sentiment de honte peuvent s’installer progressivement.

Certaines femmes retardent leurs consultations ou minimisent leurs symptômes par crainte de subir de nouvelles remarques. Cette autocensure peut nuire à la qualité du suivi de grossesse et accroître le stress. Or, la grossesse nécessite un climat de sécurité, de confiance et de sérénité pour favoriser le bien-être de la mère et du bébé.

La répétition de discours culpabilisants peut également fragiliser l’estime de soi et renforcer une relation conflictuelle au corps, à un moment où celui-ci évolue rapidement et mérite une attention bienveillante.

femme enceinte grossophobie

Tous les professionnels ne reproduisent pas ces pratiques

Il est essentiel de rappeler que tous les professionnels de santé ne sont pas grossophobes. Après cette première expérience douloureuse, tu as consulté une autre spécialiste. Les échographies se sont déroulées dans de bonnes conditions, sans douleur inutile et sans jugement. Le bébé était parfaitement visible, notamment au fil de sa croissance. Le poids n’a jamais été présenté comme un problème médical central.

Cette professionnelle a concentré son attention sur la santé du bébé, son développement et la qualité du suivi. Cette différence de prise en charge démontre que la compétence médicale inclut la capacité d’adaptation aux différentes morphologies, l’usage d’un matériel approprié et une communication respectueuse.

Ces expériences positives existent et méritent d’être valorisées, car elles montrent qu’un suivi de grossesse respectueux est possible pour toutes les femmes, quels que soient leur corps et leur parcours.

Faire respecter ses droits et oser changer de praticien

Face à une situation de discrimination médicale, il est important de rappeler que chaque patiente dispose de droits fondamentaux. Le respect, la dignité et l’absence de violence verbale ou physique ne sont pas optionnels. Lorsqu’un praticien ne parvient pas à instaurer un climat de confiance, changer de professionnel est un acte de protection, jamais une faute.

Il est également possible de signaler certains comportements auprès des instances compétentes, lorsque cela semble nécessaire. La parole des patientes contribue à faire évoluer les pratiques et à sensibiliser les structures de santé.

Les témoignages, comme celui de Célia ou mon propre vécu, participent à une prise de conscience collective. Ils permettent de mettre en lumière des dysfonctionnements encore trop souvent invisibles et de rappeler que la médecine doit s’adapter aux corps réels, et non l’inverse.

Images par IA

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