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Certaines soirées marquent un tournant. Pas parce qu’elles sont spectaculaires, mais parce qu’elles font naître quelque chose de profondément nécessaire. Vendredi 3 avril 2026, à Nantes, l’inauguration du Fat Collectif Nantes faisait partie de ces moments-là. Une soirée à la fois engagée, sincère et joyeuse, qui laisse une impression durable.

Fat collectif à Nantes : une naissance portée par des vécus communs

Derrière ce collectif, il y a avant tout des vécus. Une dizaine de personnes concernées par la grosseur qui ont ressenti le besoin de ne plus rester isolées face à des expériences communes. Marion et Anaïs ont posé les bases avec une présentation à la fois drôle, intelligente et percutante. Dès les premières minutes, le ton est donné. Oui, la grossophobie existe, et non, elle ne se limite pas à quelques moqueries.

Avec beaucoup d’humour, elles ont démontré que la grossophobie est bien plus insidieuse. C’est un phénomène qui s’étend dans de nombreux aspects du quotidien. Elles parlent de l’image des personnes grosses dans les films et les séries, souvent réduites à des clichés dévalorisants. Elles évoquent aussi la mode dite inclusive qui, dans les faits, exclut encore une grande partie des corps en ne proposant que des tailles limitées en magasin. Elles abordent également ces réflexes sociaux profondément ancrés, comme le fait de féliciter systématiquement une perte de poids sans connaître la réalité derrière, qui peut être liée à une souffrance réelle.

Fat collectif : comprendre une lutte contre la grossophobie systémique

Peu à peu, le constat devient évident. La grossophobie n’est pas une simple opinion. C’est une discrimination. Elle impacte l’accès à l’emploi, avec des chiffres frappants, notamment le fait qu’une femme grosse a beaucoup moins de chances d’être recrutée qu’une femme mince. Elle touche aussi le domaine médical, où le poids devient trop souvent l’unique prisme d’analyse, au détriment d’une prise en charge globale et adaptée. Elle s’exprime dans des situations très concrètes comme les difficultés à s’asseoir dans certains lieux, à voyager ou encore à accéder à certains droits.

Ce qui ressort avec force, c’est l’idée que la grossophobie est une oppression systémique. Elle s’inscrit dans un ensemble plus large de discriminations et ne peut être comprise isolément. Le collectif assume pleinement l’usage du mot “gros” et parle de “grosseur” pour sortir de la vision médicale et pathologisante des corps. Il y a là une volonté claire de reprendre le pouvoir sur les mots et sur les représentations.

collectif nantes

Fat collectif : c’est des actions concrètes pour faire bouger les lignes !

C’est dans ce contexte qu’est né le Fat Collectif Nantes. Un collectif intersectionnel qui s’inscrit dans la défense des droits humains au sens large, en lien avec les luttes contre le racisme, le validisme, le classisme et les discriminations liées au genre, à la religion ou à l’orientation sexuelle. Leur ambition est simple et forte à la fois. Créer un espace où les personnes concernées peuvent se retrouver, échanger, s’organiser et agir.

Le collectif ne veut pas rester dans le discours. Il prévoit des actions concrètes ancrées dans le territoire nantais. L’idée est de proposer des groupes de parole, des événements festifs, des conférences, des formations notamment pour les soignants, mais aussi des initiatives comme des bourses aux vêtements ou des expositions. L’objectif est aussi de dialoguer avec les institutions locales pour faire évoluer les choses de manière durable.

Une inauguration entre engagement et célébration

La soirée d’inauguration ne s’est pas arrêtée à cette présentation engagée. Elle s’est poursuivie dans une ambiance beaucoup plus festive avec un karaoké fédérateur. Ce moment n’était pas anodin. Il incarnait parfaitement l’esprit du collectif. Prendre de la place, assumer sa présence, se faire entendre. Médina, dans une robe rose spectaculaire, entre perles et froufrous, a marqué les esprits. Micro en main, elle a porté la soirée avec une énergie impressionnante. Très vite, la salle s’est laissée emporter et chacun a participé à sa manière.

Le choix du lieu n’était pas non plus un hasard. L’événement s’est déroulé aux Impertinantes, un café féministe intersectionnel à Nantes. Un espace chaleureux, engagé et propice aux échanges. On s’y sent rapidement à l’aise, ce qui facilite les discussions et les rencontres. C’est un lieu qui valorise les figures féminines marquantes et qui encourage le dialogue. Petit détail qui a son importance, leur cocktail “Madeleine” mérite clairement d’être goûté.

Fat collectif : mon avis sur cette initiative essentielle

Personnellement, cette soirée m’a fait du bien. Être ronde à Nantes, c’est parfois se sentir seule, même entourée. Il manquait un espace comme celui-ci. Un endroit où l’on peut parler librement, sans se justifier, sans se sentir à part. J’ai pu échanger avec plusieurs membres du collectif, rencontrer des personnes engagées et bienveillantes, et partager des expériences communes.

Je suis repartie avec un badge accroché à mon manteau. Un petit objet, mais un symbole fort. Aujourd’hui, je le porte avec fierté. Cette soirée m’a donné envie de m’impliquer davantage, de suivre leurs actions et de voir jusqu’où ce collectif peut aller. Il y a une vraie énergie, une sincérité, et surtout une nécessité.

Le collectif ne compte pas s’arrêter là. Une réunion d’information sera prochainement proposée, plus spécifiquement destinée aux personnes qui souhaitent s’impliquer dans le projet ou tout simplement en savoir davantage. Une belle occasion de découvrir les coulisses du collectif, de poser ses questions et, pourquoi pas, de rejoindre l’aventure. Toutes les informations seront partagées directement sur leur compte Instagram.

Le Fat Collectif ne fait que commencer. Mais une chose est certaine, il était attendu. Et il pourrait bien devenir un acteur important dans la lutte contre la grossophobie, ici, à Nantes.

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