Sur les réseaux sociaux, certaines prises de parole résonnent plus fort que d’autres. C’est le cas de celle de Jade Chabina, créatrice de contenu sur TikTok, qui a décidé de partager une expérience marquante vécue dans le corps médical. À travers une vidéo devenue virale, elle met en lumière une problématique encore trop peu abordée : la grossophobie médicale. Son témoignage, à la fois brut et sincère, soulève une question essentielle : peut-on encore être jugée et privée de soins en raison de son poids en 2026 ?
Une situation médicale inquiétante ignorée
Dans sa vidéo, Jade Chabina explique souffrir de SOPK, le syndrome des ovaires polykystiques, une pathologie qui peut entraîner des dérèglements hormonaux importants. Parmi les symptômes, elle évoque des cycles menstruels très longs et particulièrement abondants. À un moment, ses règles durent plus de trois mois, ce qui la pousse à consulter rapidement. Inquiète, elle se rend chez sa gynécologue qui lui prescrit une hystéroscopie, un examen permettant d’explorer l’intérieur de l’utérus afin de détecter d’éventuelles anomalies comme des polypes ou des fibromes.
Tout est donc médicalement justifié. Jade Chabina suit le protocole classique en prenant rendez-vous avec un spécialiste chargé de réaliser cet examen. Mais ce rendez-vous va rapidement se transformer en une expérience profondément choquante.
Un refus brutal basé sur le poids
À peine entrée dans le cabinet, Jade Chabina explique que la consultation n’a duré qu’une minute, voire une minute trente tout au plus. Elle présente son ordonnance, s’attendant à une prise en charge normale. La réponse du gynécologue est immédiate et sans appel : il refuse de pratiquer l’examen en raison de son poids. Selon lui, son obésité rend l’intervention impossible.
Aucune explication médicale approfondie, aucune tentative de solution alternative, aucun accompagnement. Juste un refus net, basé uniquement sur son apparence physique. Jade Chabina raconte le choc qu’elle ressent à cet instant. Bien qu’habituée aux remarques sur son poids, elle explique que cette situation dépasse largement ce qu’elle avait déjà vécu.
@jadechabina Je vous partage aujourd’hui une expérience qui m’a vraiment marquée… Un médecin a refusé de me faire un examen à cause de mon poids, tout en me faisant payer. Je tiens à préciser que je ne mets pas tous les médecins dans le même panier Il y a des professionnels incroyables, bienveillants et à l’écoute. Mais malheureusement, il y a aussi des situations de grossophobie médicale qui existent encore aujourd’hui… Est-ce que certaines d’entre vous ont déjà vécu ce genre de situation ? Refus de soin, remarques déplacées, jugement lié au poids… Je vous lis en commentaire, vous n’êtes pas seules #pourtoi #grossophobie #sopk #gynecology #hysteroscopie son original – Jade
Une consultation facturée malgré l’absence de soin
Ce qui rend l’expérience encore plus violente, c’est la suite. Après ce refus, le médecin l’accompagne jusqu’à la secrétaire. Jade Chabina pense alors, logiquement, qu’aucun paiement ne sera demandé puisqu’aucun acte médical n’a été réalisé. Pourtant, elle se voit facturer la consultation à hauteur de 170 euros.
Sous le choc, elle paie. Elle explique ne pas avoir eu la force de contester sur le moment. Elle quitte le cabinet en pleurant, avec un sentiment profond d’injustice et d’incompréhension. Elle ne comprend pas comment un professionnel de santé peut refuser un examen prescrit par une consœur, tout en facturant une consultation aussi brève et inutile.
Une perte de confiance dans le parcours de soin
Après cet épisode, Jade Chabina retourne voir sa gynécologue initiale, qui confirme immédiatement que la situation n’est pas normale. Elle lui conseille de consulter un autre spécialiste. Pourtant, malgré ce soutien, Jade décide de ne pas poursuivre les démarches. Elle explique avoir abandonné par fatigue, par lassitude face à un système dans lequel elle ne se sent plus en sécurité.
Ses symptômes finissent par disparaître d’eux-mêmes après plusieurs mois, mais le traumatisme reste. Cette expérience marque un tournant dans sa relation avec le corps médical. Elle met en évidence une réalité difficile : lorsque la confiance est brisée, il devient beaucoup plus difficile de consulter à nouveau.
Une seconde expérience qui change tout
Un an plus tard, la situation se reproduit. Cette fois, Jade Chabina décide de ne pas renoncer. Malgré ses craintes, elle consulte à nouveau un professionnel de santé. Elle tombe sur une gynécologue, une femme, à qui elle présente son ordonnance.
Contrairement à sa première expérience, tout se déroule normalement. L’examen est réalisé sans difficulté. Aucun commentaire sur son poids, aucune remarque déplacée. Juste un acte médical effectué dans le respect et la bienveillance.
Ce moment marque un contraste frappant. Jade Chabina réalise que le problème ne venait pas de son corps, mais bien du comportement du premier médecin. La gynécologue elle-même se montre choquée en apprenant ce qu’elle a vécu auparavant et confirme que rien ne justifiait un refus d’examen.

La grossophobie médicale, une réalité persistante
À travers ce témoignage, Jade Chabina met en lumière une problématique encore trop répandue : la grossophobie dans le milieu médical. Elle tient néanmoins à préciser que tous les médecins ne sont pas concernés. Elle souligne l’existence de professionnels bienveillants, compétents et à l’écoute.
Cependant, son expérience montre que certains comportements restent problématiques. Le fait de réduire un patient à son poids, d’ignorer ses symptômes ou de refuser des soins peut avoir des conséquences graves, tant sur le plan physique que psychologique.
Le poids peut être un facteur de santé, mais il ne doit jamais devenir un obstacle à l’accès aux soins. Dans le cas de Jade Chabina, l’examen était non seulement possible, mais nécessaire.
Un témoignage qui fait écho chez de nombreuses femmes
La vidéo de Jade Chabina a suscité de nombreuses réactions. Beaucoup de femmes se reconnaissent dans son histoire. Certaines évoquent des refus de soins, d’autres parlent de remarques humiliantes ou de diagnostics biaisés à cause de leur poids.
Ce témoignage permet de libérer la parole. Il met en évidence une réalité souvent minimisée. Il rappelle surtout que chaque patient mérite d’être écouté, respecté et soigné, indépendamment de son apparence.
L’expérience de Jade Chabina est un exemple frappant de ce que peut être la grossophobie médicale aujourd’hui. Elle montre à quel point certains comportements peuvent impacter profondément la vie des patientes. Mais elle rappelle aussi qu’il existe des alternatives, des médecins respectueux et des parcours de soin adaptés.
Son témoignage invite à une prise de conscience collective. Il encourage les femmes à ne pas rester seules face à ce type de situation, à demander un second avis et à ne pas accepter l’inacceptable. Parce que l’accès aux soins est un droit fondamental, et qu’aucun corps ne devrait être un frein à cela.









