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La Fashion Week de Milan est censée célébrer la créativité, l’audace et la diversité des talents. Mais cette saison, le défilé masculin automne hiver 2026 de Dolce et Gabbana a déclenché une vive polémique. En cause… Un casting composé exclusivement de mannequins blancs. Un choix qui a rapidement fait réagir sur les réseaux sociaux. Et notamment Bella Hadid, figure emblématique de la mode, qui a dénoncé publiquement l’absence totale de diversité.

Un défilé qui fait polémique dès sa diffusion

Lors du défilé milanais, plus de cent mannequins ont foulé le podium. Tous blancs, ou perçus comme tels. Aucune diversité visible de carnations, de morphologies, ni d’origines. Très rapidement, des extraits circulent sur TikTok. Les internautes s’interrogent. Comment, en 2026, une marque internationale peut-elle encore proposer un casting aussi homogène.

Bella Hadid elle-même exprime son incompréhension et son malaise. Elle rappelle que soutenir une marque qui accumule les polémiques devient embarrassant. Selon elle, ce défilé n’est pas une erreur isolée, mais la continuité d’un long historique problématique. Cette prise de parole a amplifié la visibilité du sujet. Les vidéos cumulant des centaines de milliers de vues alimentent un débat déjà brûlant.

@bfmtv La marque de luxe a été accusée de racisme lors de la Fashion Week de Milan. En cause: un casting exclusivement blanc #mode #bellahadid #SinformerSurTikTok ♬ son original – BFMTV

Une communication paradoxale autour de la diversité masculine

Le plus troublant dans cette affaire réside dans le message officiel de la marque. La campagne accompagnant le défilé s’intitule « Portrait of a Man ». Un concept censé représenter toutes les singularités masculines. Mouai ! Nul !!!

Dans les faits, cette diversité affichée ne se retrouve absolument pas sur le podium. Les corps sont similaires. Les visages aussi. Les teintes de peau manquent cruellement de pluralité. Ce décalage entre le discours et la réalité renforce le sentiment d’ironie, voire de provocation. À une époque où les consommateurs sont particulièrement attentifs aux valeurs portées par les marques, ce genre de contradiction ne passe plus inaperçu.

Un passif de polémiques qui ne peut plus être ignoré

Cette affaire ne surgit pas dans un vide. Dolce et Gabbana traîne depuis des années une réputation sulfureuse.

Des accusations de racisme répétées

En 2012, la marque présente des pièces inspirées de l’imagerie Blackamoor, une iconographie historiquement raciste, mettant en scène des représentations stéréotypées de personnes noires.

En 2013, les créateurs apparaissent lors d’une soirée à thème avec des invités en blackface.

En 2016, une paire de chaussures est baptisée sandales d’esclaves, avant que le nom ne soit modifié face au tollé.

En 2018, une campagne visant le marché chinois tourne en dérision une femme asiatique tentant de manger des plats italiens avec des baguettes, dans un ton jugé moqueur et condescendant. Des messages privés attribués à Stefano Gabbana insultant la Chine aggravent encore la situation. Le défilé prévu à Shanghai sera finalement annulé et la marque boycottée massivement.

Des propos sexistes, grossophobes et homophobes

Les polémiques ne se limitent pas au racisme.

Une publicité de 2017 met en scène une femme maintenue par plusieurs hommes dans une posture de domination masculine, suscitant des accusations de banalisation de la violence.

Stefano Gabbana a également tenu des propos grossophobes sur Instagram, insinuant qu’il valait mieux être mince que grosse, alimentant des standards corporels dangereux.

Sur le plan sociétal, Domenico Dolce a publiquement critiqué l’adoption par les couples homosexuels et parlé d’enfants synthétiques pour désigner les enfants nés par procréation assistée
Ces déclarations avaient provoqué des appels au boycott de plusieurs célébrités.

Malgré cela, la marque a réussi au fil du temps à redorer partiellement son image, portée par le soutien de certaines figures médiatiques et une communication plus discrète. Jusqu’à aujourd’hui !

@lilipuccia Dolce & Gabbana (encore) dans la tourmente, voici les polémiques qu’ils enchaînent depuis 20 ans #fashion #fashiontiktok #dolceegabbana #bellahadid #scandale ♬ son original –

Pourquoi cette polémique résonne encore plus fort aujourd’hui ?

Nous ne sommes plus dans les années 2000. Le public a changé. Les attentes aussi.

Les consommateurs demandent désormais de la cohérence entre les valeurs affichées et les actes. La diversité n’est plus un argument marketing décoratif. Elle est devenue un marqueur de respect, de crédibilité et de modernité. Un casting entièrement blanc, dans une industrie mondialisée, apparaît comme un choix délibéré. Ou à minima comme une déconnexion inquiétante avec la réalité culturelle et sociale.

Les réseaux sociaux jouent également un rôle majeur. Ils permettent aux voix marginalisées de s’exprimer. Ils exposent rapidement les incohérences. Et ils rappellent la mémoire collective, même lorsque certaines marques préféreraient tourner la page sans faire d’examen de conscience.

La mode face à ses responsabilités culturelles

La mode n’est pas qu’une affaire de tissus et de silhouettes. Elle façonne les imaginaires. Elle influence les normes. Elle crée des modèles auxquels on s’identifie. Quand une grande maison ne montre qu’un seul type de corps, de peau ou de visage, elle envoie un message implicite. Celui de qui mérite d’être visible. Et de qui peut rester invisible. Dans un monde de plus en plus divers, ce message devient non seulement dépassé, mais profondément excluant.

L’inclusion ne consiste pas à cocher des cases. Elle demande une véritable réflexion artistique, humaine et sociétale. Elle implique d’écouter, d’apprendre, parfois de remettre en question ses certitudes. Les maisons historiques ont un héritage précieux. Mais le respect des traditions ne doit jamais servir d’excuse à l’immobilisme.

@viewsfrance Dolce & Gabbana est au cœur d'un scandale raciste. #dolceegabbana #bellahadid #lyas #mode #fashion ♬ original sound – Views

Et maintenant, quelle suite pour Dolce et Gabbana ?

La marque n’a pas encore apporté de réponse claire à cette polémique. Le silence ou les demi-mesures risquent d’alimenter davantage la défiance.

  • Reconnaître ses erreurs
  • Engager un travail de fond sur la représentation
  • Faire évoluer ses équipes créatives
  • Ouvrir ses castings
  • Former ses équipes aux enjeux culturels

Ce sont des chantiers longs, mais nécessaires. Le luxe ne peut plus se contenter d’esthétique. Il doit désormais assumer une responsabilité sociale et symbolique.

Image de couverture par IA

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